« La vie sauvage », Thomas Gunzig

Vous savez quoi ? Thomas Gunzig est un type drôle autant qu’un drôle de type. On s’en doutait déjà un peu, mais là, avec son dernier roman « La Vie Sauvage », le doute n’est plus permis. Voici une liste, non exhaustive, de quelques tares relevées ici et là:

  • Gunzig est un copieur : vous vous rappelez Greystoke, la légende de Tarzan, le garçon blanc élevé dans la jungle et ramené malgré lui à la civilisation ? Eh bien ici pareil : vous prenez Christophe Lambert, version plus adolescente et qui louche moins, et vous avez le narrateur, arraché à sa famille d’adoption dans la brousse et catapulté dans une tribu de bourgeois débiles du BW dirigée par son oncle et tuteur qui se trouve aussi être le bourgmestre « d’une ville de taille moyenne » (tout un programme).
  • Gunzig est méchant : il écrit à la manière d’un enfant qui dessinerait d’abord une belle maison, avec des gens souriants devant et un soleil tout jaune au-dessus de la cheminée, puis qui se mettrait à raturer tout ça d’un gros trait noir et rageur en retournant sa tête comme dans l’Exorciste.
  • Gunzig aime voir souffrir les femmes : au début il nous la jouait à la Alain Souchon (ils ont les mêmes crolles d’ailleurs), genre on écrit pour faire pétiller l’œil des filles, mais les filles sont devenues femmes entretemps, et ce qu’il leur fait subir dans la Vie Sauvage, sous prétexte qu’elles sont en attente de quelque chose, frôle l’indicible.
  • Gunzig est faux-cul : dans la vraie vie il poste des photos de chaton pour tous ses followers sur Facebook le jour de son anniversaire, dans sa tête il les écrabouille façon crush porn.
  • Gunzig ne connait pas le pardon : il déroule son conte cruel avec en bouche l’harmonica de Charles Bronson dans Il était une fois dans (l’Afrique de) l’Ouest.

Bref, et nonobstant le fait que voilà assurément un des grands romans de cette rentrée, Thomas Gunzig reste un garçon peu fréquentable. Mauvais genre et mauvais gendre. Mauvaise pente qui en a autant sous le coude que Despentes. C’est bien pour ça qu’on l’a invité à la Licorne le mercredi 20 septembre à 19h00. Alors je l’entends déjà, il va nous parler d’amour, de Monte Cristo, de son expérience scolaire, de Charles (Baudelaire, pas Michel), il va nous dire que son narrateur n’est pas lui, que c’est là toute la magie de la littérature… Il va être bien reçu.

Venez nombreux. À charge ou à décharge. Ça va être cool. Comme lui.

Didier

La vie sauvage. Thomas Gunzig. Editions Au Diable Vauvert. 336 pages

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