« Jeune homme », Karl Ove Knausgaard

Fabuleuse entreprise que celle de Karl Ove Knausgaard, raconter sa vie et, en particulier dans « Jeune homme », son enfance en Norvège, dans les années 70, auprès d’une famille de la classe moyenne, entre un père humiliant et une mère aimante. C’est certainement l’un des exercices les plus difficiles et les plus intéressants en littérature que de raconter une histoire qui n’en est pas vraiment une, sans scénario pré écrit, sans rebondissements calculés, sans suspense. Et cet auteur norvégien y réussit avec brio, un peu à la manière d’un Marcel Proust ! « Le Marcel Proust du Nord », c’est d’ailleurs ainsi que le nomment ses concitoyens, n’en déplaisent à certains !

Tout le talent de l’auteur est de savoir restituer avec sincérité et avec toute l’émotion retrouvée, les menus bonheurs et les petites douleurs de l’enfance. Dans le même style, José Saramago nous avait offert « Menus souvenirs », qui ne racontait rien d’autre que son enfance toute ordinaire, mais… y a-t-il une enfance ordinaire ?

« Jeune Homme » est le troisième opus traduit en français de ses mémoires. Mais sept volumes sont déjà disponibles en norvégien. Le premier tome, « La mort d’un père », met en scène la mort de son père devenu alcoolique, reclus avec sa propre mère dans une maison devenue un taudis. L’auteur, y retourne donc avec son frère pour organiser les funérailles, et se pencher sur les premières années, déterminantes de sa vie.

Une épopée magnifique, que cette vie, que La Vie, ressuscitée par Knausgaard, à la manière des grands écrivains qui, d’une histoire intime, savent tirer une histoire universelle.

Arnaud

Jeune Homme, éditions Denoël, 2016, 592 pages

La mort d’un père, Folio, éditions Gallimard, 2015, 544 pages

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