« Cobb tourne mal », Mike McCrary

Oubliez le titre (mauvaise traduction, car Cobb fait référence à flic, et il ne s’agit pas d’un roman policier) et la couv (le revolver dans son étui mauve donne l’impression d’un western moderne à Las Vegas, alors que ça se passe principalement à New-York). Par contre les éditions Gallmeister, une fois de plus, ont été bien inspirées en traduisant ce premier roman de Mike Mc Crary.

Remo Cobb est le genre de type qu’on ne voudrait pas comme gendre ou comme beau-frère. Avocat véreux, misanthrope accompli, alcoolique à toute heure, ex-mari lamentable et père absent, il n’affiche qu’une réussite de façade derrière son cortex imbibé et son âme de loser. S’il est déjà mort dans sa tête, ses instincts de survie vont vite se remettre en branle lorsque les trois frères Mashburn vont sortir de taule prématurément avec, entre autres objectifs, de lui exploser la cervelle et récupérer le magot qu’il leur a subtilisé quelques années plus tôt (en les mettant au trou alors qu’il était censé les défendre).

Et voilà la chasse à l’homme démarre à cent à l’heure et ça ne faiblit pas une seconde pendant 200 pages. C’est cinématographique à souhait (façon Tarantino bien sûr), d’une grossièreté sans complexe, d’une immoralité sans nom (genre Breaking Bad) et bien sûr régulièrement saupoudré de scènes ultra violentes avec des hectolitres d’hémoglobine. Ellroy n’est pas loin. On pense à Gunzig aussi dans les saillies trash qui égayent parfois ses romans, mais ici en mode continu.

Bref si vous aimez ça et que vous avez envie d’une histoire avec plein d’américains trépanés qui se posent des questions existentielles à la mords-moi-le-nœud, des méchants méchamment azimutés et où ça pétarade à chaque chapitre, ce roman est pour vous. C’est du super noir, humour compris, mais qu’est-ce que ça détend ! Servi au gratin et juste la bonne longueur.

Didier

Cobb tourne mal. Mike McCrary. Ed. Gallmeister / Collection Neo Noire 204 pages