06/09 – Rencontre avec Michel Lambert & Stefan Liberski

Jeudi 6 septembre 2018 à 19 heures

Nous vous proposons une rencontre croisée entre Michel Lambert et Stefan Liberski autour de leurs romans, « L’adaptation » (éd. Pierre Guillaume De Roux) et « La cité des femmes » (éd. Albin Michel).

Un réalisateur travaille sur l’adaptation de La Jeune fille brune, roman du grand écrivain yougoslave Alexandre Tisma (1924-2003). L’histoire est simple : un homme revient sans cesse dans une petite bourgade sans prétention où il a connu autrefois une nuit d’amour mémorable. Le projet, cependant, piétine. Outre les problèmes de budget qu’il soulève, il suscite de nombreuses réticences imprévues chez les membres de l’équipe. Complices artistiques depuis trente ans, ils ont, en effet, essuyé bien des désillusions tant personnelles que professionnelles et, comme le héros de Tisma, gardent en eux une part de nostalgie et de rêve inassouvi. Quand il ne recherche pas un ciel « vraisemblable », en accord réel avec sa vision, le réalisateur se rend compte qu’il est en train de vivre exactement la même histoire d’amour inconsolable que le personnage de La Jeune fille brune.

Cette splendide dérive entre rêve et tentative désespérée de retrouver le paradis perdu de la toute première fois avant qu’il ne soit trop tard s’accomplit sur fond de grisaille quotidienne et de lutte de tous les instants. Déployant la subtile tension de la fêlure, Michel Lambert nous entraîne tour à tour dans l’extase et la chute au gré d’un réveil brutal. Magistral.

Se retrouver à Cinecittà face à Fellini en plein tournage de La Cité des femmes, jamais Étienne n’aurait osé en rêver. Très vite le jeune homme se lie avec les muses du Maître que ce dernier rudoie, adule ou congédie au gré de ses caprices. Grisé par le climat d’extravagance qui règne sur le plateau, Etienne entame alors une liaison amoureuse avec l’une d’elles, une jeune femme étrange qui jongle avec la séduction, les fantasmes, les mensonges et un déni de la réalité si troublant qu’il va s’y perdre.

Plongée dans la vie romaine du début des années 80, le nouveau roman de Stefan Liberski en recrée la magie, les beautés, la démesure, mais aussi les dangers, les ambiguïtés et les perversités.

Michel Lambert, romancier et nouvelliste, a publié une quinzaine de livres et obtenu notamment le Prix Rossel, le Prix Ozoir’Elles et le Grand Prix de la Nouvelle de la SGDL.

Stefan Liberski est à la fois réalisateur et écrivain. Il a publié entre autres en 1996 chez Albin Michel G. S. écrivain tout simplement, et réalisé en 2014 le long métrage Tokyo fiancée à partir du roman d’Amélie Nothomb, Ni d’Eve ni d’Adam.

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