04/07 – Rencontre avec Conceição Evaristo

Mardi 4 juillet 2017 à 19h00

Grâce à une étroite collaboration avec les éditions Anacaona, nous avons l’immense honneur de recevoir Conceição Evaristo, considérée comme l’une des plus importantes voix de la littérature afro-brésilienne, et plus particulièrement des femmes afro-descendantes au Brésil. Grâce à un procédé d’écriture que l’auteure qualifie d’« écrit-vie », elle ravive une mémoire collective effacée par le discours colonial, et y mêle ses souvenirs personnels.

Pour explorer des thèmes tels que solitude, condition féminine, recherche d’identité, folie, mort, Conceição Evaristo recourt aux ressources conjuguées de son imagination et de sa mémoire. Dans ses romans, la pauvreté, la violence urbaine, l’injustice et la misère trouvent exutoire par la parole : en racontant leurs histoires, les protagonistes, qui sont le plus souvent des femmes Noires, construisent leur liberté, et ces anonymes dépossédées deviennent grandes et dignes.

« Hommes, femmes, enfants, qui s’amoncellent en dedans-moi, comme s’amoncelaient les bicoques de ma favela. » (Banzo, Mémoires de la favela)

Celle qui a grandi dans une favela de Belo Horizonte (Minas Gerais) a vu disparaître avec le temps, bicoques en bois et habitants, et avec eux la mémoire d’un peuple. Malgré les disparités sociales propres au Brésil, la jeune fille termine sa scolarité et passe le concours d’institutrice en 1971. Elle déménage quelques années plus tard à Rio de Janeiro, où elle fera toute sa carrière dans les écoles élémentaires publiques. À plus de 50 ans, l’auteure reprend ses études et obtient un Doctorat en littérature comparée en 2011.

Ce n’est que dans les années 1990 que Coneição Evaristo commença à publier ses premiers écrits. Depuis, ses nouvelles ont été publiées parmi des anthologies dans le monde entier (Allemagne, Etats- Unis, Afrique du Sud, Angola, etc.).

En France, elle est publiée par les éditions Anacaona (L’histoire de Poncia ; 2015, Banzo, mémoires de la favela, 2016, Je suis Rio (anthologie collective), 2016, Je suis encore favela (anthologie collective), 2018).

Dans le cadre des politiques de promotion de l’égalité raciale, L’histoire de Poncia a été inscrit au programme du vestibular (l’équivalent du baccalauréat) dans le Minas Gerais et a été vendu à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires. L’auteure a également été récompensée par le prix Jabuti (l’équivalent du prix Goncourt) en 2015, dans la catégorie « nouvelles », et vient d’être récompensée par le prix «Faire la différence », en avril 2017, dans la catégorie prose.

Son œuvre a fait l’objet d’une exposition rétrospective au musée Itau Cultural en mai 2017.

Avec le soutien de la