03/07 – Rencontre avec Conceição Evaristo

Mardi 3 juillet 2018 à 19h00

Un an après sa venue en notre librairie, l’auteure afro-brésilienne Conceição Evaristo nous fait l’honneur d’une deuxième visite. Nous vous proposons une rencontre autour de son nouveau roman « Insoumises« , paru aux éditions Anacaona, un portrait de treize femmes anonymes qui ont subi des violences mais qui, malgré tout, ont résisté !

Treize histoires, treize femmes dans un portrait magistral de la « sororité noire », la fraternité entre femmes noires.

Fil directeur de ces portraits pleins d’empathie : une narratrice en visite, qui toque aux portes pour écouter des histoires. Elle rencontre ces femmes qui acceptent de se conter et de se confier, librement, parfois pour la première fois. Et nous découvrons Shirley, Régina, Maria… Aux prises avec leurs rêves, angoisses, sexualités, défis et amours…

La résignation ne trouve aucune place dans les vies de ces femmes : elles résistent, insoumises aux pressions et aux agressions du racisme, du sexisme et des conventions sociales d’une société encore patriarcale.

Considérée comme la Toni Morrison brésilienne, Conceição Evaristo est la plus importante voix de la littérature afro-brésilienne, et plus particulièrement féminine. Très engagée politiquement et socialement, elle est en effet de toutes les luttes dès lors qu’il s’agit de la défense des femmes noires et de la mémoire afro-descendante. Ses deux précédents romans L’histoire de Poncia et Banzo, mémoires de la favela, se sont vendus à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires au Brésil.

Née en 1946, deuxième enfant d’une famille de neuf, Conceição Evaristo passe les premières années de sa vie dans une favela de Belo Horizonte, Minas Gerais. Avec le temps, les bicoques en bois furent rasées, les habitants déplacés, de nouveaux immeubles virent le jour et les impasses et ruelles de l’enfance trouvèrent pour unique refuge la mémoire affective de la future écrivaine.
Malgré les difficultés, elle termine sa scolarité et passe le concours d’institutrice en 1971. Elle déménage quelques années plus tard à Rio de Janeiro, où elle fera toute sa carrière dans les écoles élémentaires publiques. Elle reprend ses études à 50 ans passés, et obtient un Doctorat en littérature comparée en 2011.
Elle commence à publier ses nouvelles et poèmes dans les années 1990, dans les Cadernos Negros, qui rassemblent des textes d’écrivains afro-brésiliens.
Reconnus pour leur valeur éducative dans le cadre des politiques de promotion de l’égalité raciale, ses deux romans L’histoire de Poncia et Banzo, mémoires de la favela, sont au programme de l’équivalent du baccalauréat et se sont vendus à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires.
Ses romans sont traduits en anglais (Etats-Unis) et espagnol (Mexique), et ses nouvelles font partie d’anthologies publiées dans le monde entier (Allemagne, Etats-Unis, Afrique du Sud, Angola, etc.).